Habiter dans une maison de poupée

Les tiny house ou micro-maisons un mouvement social et architectural prônant la simplicité volontaire de l’habitat. ©Jonathan Benabed

Construire sa maison mobile et écologique où rien n’est en trop. C’est ce qu’ont choisi les habitants des tiny houses, ces maisons miniatures venant des États-Unis, qui poussent un peu partout en France.

« L’autonomie, disposer d’une maison à moindre coût, réduire notre impact écologique sans  pour autant se priver, pouvoir voyager sans quitter son foyer », voici les raisons qui ont poussé Jonathan Benabed, 33 ans, et sa compagne à vivre dans une tiny house près de Bordeaux (Gironde). Le concept est né à la fin des années 1990. En 2008, les petites maisons s’imposent comme une solution à la crise immobilière aux États-Unis.

« Ma tiny house m’a coûté 11 000 euros à ce jour. J’ai principalement utilisé des matériaux de récupération qui étaient destinés à la benne », confie Sophie Di Domizio, 31 ans, ingénieure commerciale dans le bâtiment. En 2015, elle tombe par hasard sur un reportage présentant le concept. Deux semaines après, la remorque qui deviendra sa micromaison est dans son jardin, en région parisienne. « Je voulais construire une gigantesque maison de 250 m². Je me suis dit que la tiny house pouvait être un bon moyen d’expérimentation. » Finalement, elle y prend goût. Elle démarche des entreprises pour récupérer des matériaux, crée son blog et sa chaîne YouTube. Sophie a conçu un petit cocon agencé avec goût. Elle a utilisé du bardage gris signé Philippe Starck, célèbre designer français.

La Tiny House que Sophie a construit de A à Z. ©Audrey Viala/CCAS

Chantiers participatifs

La micromaison de Sophie est raccordée à l’eau et à l’électricité de son voisin et meilleur ami. « Je ne suis pas convaincue par les solutions proposées actuellement sur le marché. »  L’autonomie véritable peut sembler difficile à mettre en oeuvre. Les panneaux solaires ne répondent pas toujours à tous les besoins en électricité.

Des difficultés administratives peuvent se poser. Installer sa micromaison sur roues dans son jardin ou sur un terrain privé est soumis à une autorisation préalable lorsque la période excède trois mois. Le statut juridique est encore flou.

Toujours en région parisienne, l’association Quatorze a eu l’idée à Montreuil (Seine-Saint-Denis) d’utiliser les tiny houses pour répondre à une difficulté sociale. Elle construit des habitats par le biais de chantiers participatifs pour y loger des hommes ayant obtenu le statut de réfugié. Les maisonnettes sont installées dans les jardins de particuliers. « Il s’agit d’une période transitoire difficile pour les réfugiés. Ils doivent trouver logement et travail », explique Maïté Pinchon, coordinatrice du projet.

Le Samu social travaille avec l’association, apporte une assistance et aide à définir les parcours de vie. « Ce projet permet à ces personnes de créer du lien avec une famille, d’améliorer l’apprentissage du français et de vivre dans des conditions correctes. Nous aimerions étendre le projet aux sans-abri. »

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