Handisport Open Paris : une réussite humaine et sportive

Marie-Amélie Le Fur, agente EDF et triple championne olympique, reprenait du service à l’handisport Open Paris 2018. ©Didier Delaine/CCAS

Les 14 et 15 juin derniers, l’Handisport Open Paris 2018 a rassemblé des athlètes du monde entier et des jeunes de toute la capitale au stade Charléty. L’occasion de (re)découvrir le handisport, une ambition portée par la CCAS, partenaire de la Fédération française handisport.

Que la fête fut belle. Dès midi, vendredi 14 juin, une bonne partie du mythique stade du XIIIe arrondissement de Paris est déjà remplie par une foule enthousiaste. Les jeunes des clubs d’athlétismes voisins sont venus en masse soutenir les compétiteurs et compétitrices présent.es. Même si les supporters ont tous leur favori.tes, chaque sportif.ve se présentant devant la barre du saut en hauteur est acclamé.e, quelle que soit sa nationalité. Unie par la passion de l’athlétisme, la foule attend de belles performances lors de ces 4e Championnats de France open d’athlétisme handisport, étape du circuit international imaginé par le Comité paralympique international.

Les différentes épreuves d’athlétisme sont adaptées à chaque catégorie de handicaps : course avec guides pour les personnes déficientes visuelles, courses et lancers en fauteuil, courses appareillées…

Pour Emmanuelle Assmann, présidente du Comité paralympique, cet événement est aussi un moyen de faire connaitre l’handisport. Sur le plan sportif, l’escrimeuse et agent EDF se félicite de « performances incroyables » côté français et d’une véritable diversité d’athlètes avec près de 30 nations représentées. L’autre source de satisfaction est l’organisation de ces championnats, particulièrement observée par « des représentants de Paris 2024, qui suivent le déroulement de la journée et notre capacité à organiser des jeux paralympiques. »

Emmanuelle Assmann, présidente du Comité paralympique (à g.) et Guislaine Westelynck, présidente de la Fédération française handisport et du comité d’organisation de l’Handisport Open Paris 2018 (à dr.), au podium des jeunes athlètes.

Du côté du public comme des sportifs, la décontraction est de mise. L’ambition annoncée de Marie-Amélie Le Fur, athlète de la team EDF, est de « prendre du plaisir » et de retrouver quelques sensations avant les Jeux de Tokyo de 2020. Le contrat semble largement rempli. Pour son grand retour sur les pistes après avoir mis sa carrière entre parenthèse pour soutenir la candidature de Paris 2024, Marie-Amélie Le Fur a obtenu la seconde place du saut en longueur avec un bond à 5,32 mètres. Pour cette habituée des premières places, qui détient les records olympiques du saut en longueur (5,83 mètres) et du 400 mètres dans sa catégorie, la performance reste encourageante.

Sensibiliser le public

Pour lancer cet Handisport Open, des rencontres entre jeunes handicapé.es se sont déroulées dans une ambiance détendue. Après chaque course, c’est une véritable communion qui unit ces apprenti.es compétiteur.trices. Lors de la remise des médailles, une place sur le podium est une véritable consécration, pour des enfants qui occupent peu souvent le devant de la scène. La place essentielle de la jeunesse fut aussi visible au sein du public, composée en grande partie d’écolier.ères du quartier, libérés par leurs professeurs le vendredi après-midi pour leur permettre d’assister à la compétition.

Cette journée est l’occasion de découvrir le handisport mais également de se mettre à la place des personnes handicapées, grâce à diverses animations et activités telles que l’escrime ou le tir à l’arc en fauteuil. Un mur d’escalade et des tables de tennis de table sont aussi à la disposition de tous. La rencontre avec des chiens guides d’aveugles permet une immersion dans la vie d’une personne non-voyante. Dans une ambiance des plus conviviales, tous et toutes peuvent ainsi découvrir un monde qui leur est inconnu. Pour participer, c’est la cohue, les jeunes doivent patienter dans des files d’attentes interminables, mais tous tiennent bon…

Maud, 7 ans, participe à sa première compétition handisport. Au village sportif, elle s’est initié à l’escrime.

Parmi eux, Alexis, fils d’agent EDF. Il accompagne Maud, 7 ans, amie de la famille qui court aujourd’hui pour sa première compétition handisport. Elle pratique la danse depuis ses 5 ans et s’essaye aujourd’hui à l’escrime. Sa journée est une véritable victoire de « l’humain », comme nous le rappelle son ami Alexis. Âgé de 17 ans, élève en école hôtelière, il a profité de sa pause pour venir suivre l’évènement. Pour celui qui avait déjà couru dans ce stade lorsqu’il était au collège, voir Maud faire de même en ce vendredi ensoleillé est un vrai bonheur. Après avoir fait « énormément de colo CCAS », il envisage passer de son BAFA une fois majeur, et d’encadrer, pourquoi pas, « en handi ». Grâce à Maud et aux centres de vacances, c’est en effet un milieu qu’il côtoie depuis toujours.

Unis par la passion du sport

En effet, comme le rappelle Emmanuelle Assmann, le regard des jeunes mais aussi de tou.tes les bénéficiaires sur les personnes handicapées change grâce à l’activité de la CCAS. « On sent que la relation des agent.es avec les personnes en situation de handicap est différente, il y a une véritable prise de conscience. » La relation avec les personnes à mobilité réduite est facilitée : « Tou.tes ces gamin.es peuvent faire du sport, et cela rappelle le handicap n’est pas une fatalité qui n’arrive qu’aux autres ». Des initiatives essentielles pour permettre de développer la mixité et prouver que la différence n’est pas un frein à la pratique.

Les enfants se pressent pour les traditionnels autographes de leur sportif.ve préféré.e. ©Didier Delaine/CCAS

Plus encore que lors d’une compétition traditionnelle, les épreuves sont en quelque sorte un catalyseur de développement personnel. La solidarité y est de mise entre les athlètes, qui félicitent leurs adversaires et aident ceux qui en ont besoin, comme lors des courses de non-voyants. Soudés par la passion du sport, les bénévoles le sont aussi. Beaucoup sont membres d’un club et prolongent leur amour de l’athlétisme pour le faire partager à d’autres. Cette action peut venir d’une proximité avec une personne handicapée, ou bien d’un problème physique qui les lie au handisport. Un jeune nous confiait enchainer les activités bénévoles par passion, mais aussi par solidarité avec les athlètes, ayant été lui-même en situation de handicap après une chute de 10 mètres de haut. Devant tant de passion et de solidarité, nous ne pouvons que donner raison à Emmanuelle Assmann qui se réjouit d’assister « véritablement à un bel évènement ». Plus qu’un succès sportif, une vraie réussite humaine.

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