Il suffit d’oser !

Le Centre de culture scientifique, technique et industrielle, de Ventron, avec son musée textile des Vosges a été installé dans les murs d’un tissage construit en 1855 ©E.Rebiffé/ccas

Le Centre de culture scientifique, technique et industrielle, de Ventron, avec son musée textile des Vosges a été installé dans les murs d’un tissage construit en 1855 © E.Rebiffé/CCAS

Découvrir le tissage et apprendre à personnaliser un vêtement étaient au programme du séjour passion « Tissage et customisation », organisé du 18 au 25 septembre dernier au centre CCAS de Kaysersberg (Haut-Rhin). Un séjour haut en couleur et en matières !

Des « vieux » vêtements étalés çà et là, des pièces de tissus entassées un peu partout envahissent la salle d’activités de Kaysersberg. Des boîtes et des sacs, emplis d’on ne sait quoi, jonchent le sol. Une machine à coudre Bernina – « bien mieux que la Singer !» – semble posée là par inadvertance. Des bobines de fils et de laines multicolores, des chutes de tissus, des boîtes à boutons, mais aussi des perles, des paillettes, des rubans, des dentelles, des bouts d’étoffes bigarrées… recouvrent les tables. Toutes ces fanfreluches sont autant de précieux matériaux servant à customiser, autrement dit à sublimer, sa garde-robe.

« C’est la passion du fil et du tissu qui nous réunit », fait remarquer Agnès Augy, 53 ans, correspondante de SLVie à Nanterre, en région parisienne. De 43 ans pour la plus jeune à 83 ans pour la doyenne, les participantes au séjour passion « Tissage et customisation » sont venues puiser des idées, des trucs pour personnaliser leurs vêtements, leur imprimer une touche personnelle et leur redonner une seconde vie. Dans cette caserne d’Ali Baba version chiffons, les petites mains s’activent telles des abeilles dans une ruche. Si cela paraît au prime abord quelque peu « décousu », chacune, pourtant, s’attelle consciencieusement à son ouvrage. Ici on découpe, on coud, on brode ; on tisse, on ajoute, on transforme : bref on invente, on crée, on recycle !

Séjour Passion Customisation et tissage au centre CCAS de Kaysersberg ©E.Rebiffé/ccas

Séjour Passion Customisation et tissage au centre CCAS de Kaysersberg ©E.Rebiffé/CCAS

Soyez inventives !

« Rien n’est imposé. Customiser une chose, c’est la personnaliser. Il n’y a donc pas de modèle, vous faites ce que vous voulez ! C’est une forme de création. Tout est possible. A vous de jouer ! », encourage Marie Helle, diplômée des métiers d’art en textile, option tissage, intervenante pour le stage. Le principe en est simple : il s’agit d’agrémenter le vêtement d’un détail, en ajoutant ou créant un accessoire qui le transformera, l’embellira. Laisser vagabonder son imagination et libre cours à sa fantaisie pour en faire une pièce originale et unique. Rubans, surpiqûres, lacets, paillettes, boutons, festons, galons – que sais-je encore –, il convient juste de l’enrichir d’un petit quelque chose pour faire la différence et rajeunir l’habit démodé. Aucun risque de se tromper, Marie Helle veille et impulse son sens artistique et créatif.

Customisation jean ©E.Rebiffé/ccas

Customisation jean ©E.Rebiffé/CCAS

Avec du vieux, on fait du neuf !

Associer des couleurs et des matières, jouer sur les nuances pour créer un style, son style, voilà ce qui emballe Marie Clerquin, ayant droit de 43 ans. Venue de Valenciennes (Nord), animatrice auprès de jeunes enfants, Marie a « toujours aimé travailler de ses mains ». Couturière autodidacte, elle s’est d’abord mise à la couture par nécessité : « J’avais toujours le feu au plancher avec les pantalons prêt-à-porter à cause de ma grande taille. » Puis, de fil en aiguille, elle s’est prise au jeu. « Les activités manuelles m’apaisent, confie la benjamine du groupe. Ce séjour est un cadeau de mon mari. Je voulais m’initier au tissage. C’est le mélange des matières et des tissus qui m’intéresse. Tout est réalisable avec un peu d’imagination. Alors j’ose tout. Il faut simplement se lâcher ! »

Tissage aux couleurs improvisées ©E.Rebiffé/ccas

Tissage aux couleurs improvisées ©E.Rebiffé/CCAS

Marie a apporté un vieux sarouel couleur kaki qu’elle a d’abord teint avec des composants naturels, selon les indications de Marie Helle. Puis, elle en a surpiqué les coutures avec un fil de coton orange flashy. Effet immédiat : le pantalon « tristoune » est flamboyant ! Marie se fabrique également une broche et un collier à base de boules de coton de différents diamètres, recouvertes de morceaux de tissus. Simple, facile et pas cher…« En mélangeant les genres, on agrandit son panel, son ouverture d’esprit aussi », assure-t-elle.

« Mon séjour passion, c’est ma semaine de vacances à moi toute seule ! », affirme quant à elle Christine Roesch, ayant droit de Strasbourg. Cette grande randonneuse voue une fascination immodérée à la soie et la laine. « La customisation, c’est redonner vie à des tissus qui ont déjà vécu, résume-t-elle. Je me nourris des idées et des conseils des autres ; j’observe leur façon de procéder. C’est un partage de savoir intéressant, car ici les profils sont tous différents. »

Transmission de savoir

Ecomusée du Textile est un monument historique situé à Husseren-Wesserling ©E.Rebiffé/ccas

Ecomusée du Textile est un monument historique situé à Husseren-Wesserling ©E.Rebiffé/CCAS

« Mes copines du patchwork m’attendent de pied ferme pour que je leur communique toutes les astuces de customisation », s’amuse Christiane Landry, agent EDF retraitée de la CMCAS Bayonne. Elle pratique « le par et le pour » dans les Activités Sociales depuis longtemps, et transmet régulièrement son savoir-faire aux bénéficiaires des séjours bleus à Anglet (Pyrénées-Atlantiques). Passionnée de patchwork, Christiane confectionne également des bijoux, du scrapbooking sur carte postale, etc. « Je voulais approfondir mes connaissances, acquérir des techniques, indique-t-elle. De toute façon, j’aime découvrir de nouvelles choses. »
Christiane a « particulièrement apprécié la technique du tissage et la visite des musées du textile de Ventron et de Wesserling ». A 78 ans, elle manie l’aiguille avec une grande dextérité. La finition de sa pochette consiste en un véritable travail d’orfèvre : des bandes de laine beiges, vertes et orangées, tissées en alternance, sont rehaussées de rubans écrus chatoyants, auxquelles elle a délicatement ajouté des paillettes multicolores.
Geneviève Martin, 81 ans, a décidé de rajeunir un polo rayé beige et blanc. « Marie m’a suggéré d’ajouter un col pierrot et des galons aux poignets. Ce sont d’anciens pompons de rideau, pouffe-t-elle. C’est plutôt pas mal, non ? » Effectivement, le résultat est bluffant ! « Ce que j’apprends dans les séjours passion, je le transmets à l’association dans mon village du Cher », raconte Geneviève. Sur un métier rudimentaire en bois, elle tisse une écharpe bleu, blanc, rouge. « C’est pour les manifs d’Hélène, ma fille », précise-t-elle.

Materiel de customisation ©E.Rebiffé/ccas

Materiel de customisation ©E.Rebiffé/CCAS

Création de tissages sur un cadre en bois avec des ficelles comme fil de chaîne, et les éléments de la nature composeront le fil de trame ©E.Rebiffé/ccas

Création de tissages sur un cadre en bois avec des ficelles comme fil de chaîne, et les éléments de la nature composeront le fil de trame ©E.Rebiffé/ccas

« Finalement, on pratique la customisation sans le savoir. En fait, on retravaille, on bricole… », admet Monique Pirault, 83 ans, retraitée des IEG. Couturière hors pair, la doyenne – mais chut, ne dites pas qu’elle est la doyenne du groupe – « aime tout ce qui touche aux mains ». Elle pratique la broderie, le patchwork, la peinture sur soie, la dentelle… « J’ai apporté tout mon attirail de couture. J’aurais aimé avoir un modèle à réaliser mais j’ai quand même appris des trucs, concède-t-elle. C’est sympa et on rigole bien. »
Le séjour se termine sur un tissage végétal confectionné avec des éléments naturels, glanés en forêt. Le tissage « land art » témoigne de la grande créativité de chacune et offre des tableaux végétaux éphémères remarquables. Une chouette expérience « naturaliste » et complètement loufoque. « Le tissage est l’un des gestes fondateurs de l’humanité. La technique, à savoir l’entrecroisement des fils, n’a pas évolué depuis 7000 ans ! », rappelle Marie Helle.

0 Commentaires

Laisser une réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.

Mentions Légales    I    Vie privée    I    Qui sommes-nous ?    I    Plan du site    I    CCAS ©2018

Vous connecter avec vos identifiants

ou    

Vous avez oublié vos informations ?

Create Account