Les enfants de Troumaron, chronique d’une adolescence déchirée

Capture d’écran : « Les enfants de Troumaron » ©Cine Qua Non

Y a-t-il un avenir hors de la cité ? Question lancinante qui taraude les jeunes des quartiers dans tous les pays du monde, et que les Mardis de l’AFASPA vous proposent d’aborder le mardi 9 mai, via la projection du film « Les enfants de Troumaron », de Sharvan et Harrikrisna Anenden au cinéma La Clef (Paris 6è).

Port-Louis, capitale de l’île Maurice (Océan indien). Ses fortifications, son port de pêche, ses palmiers, son quartier de China Town. Le film de Sharvan et Harrikrisna Anenden, proposé dans la cadre des Mardis de l’AFASPA, refuse de céder à l’esthétique de la carte postale. Il nous transporte un peu plus loin, au cœur de la cité de Troumaron, dans les faubourgs de la ville. Quatre jeunes tentent d’y survivre, sans grand espoir de vivre autre chose qu’une existence décousue, entre prostitution et violence. Sad, Eve, Clelio et Savita font l’expérience d’une adolescence douloureuse, dans l’un des quartiers les plus déshérités de la ville, qui devient à la fois terrain de chasse et cimetière. Sad est amoureux d’Eve, qu’il tente par tous les moyens de sauver d’elle-même. Clélio, petit voyou récidiviste, nourrit une colère permanente contre le monde entier. Savita, jeune fille « sage » voudrait fuir Troumaron et suivre sa propre voie. Jusqu’au jour où l’un d’entre eux est assassiné…

Capture d’écran : « Les enfants de Troumaron » ©Cine Qua Non

Film littéraire ou cinéma du réel ?

Adaptation d’un beau et sombre roman d’Ananda Devi intitulé « Eve de ses décombres », (paru chez Gallimard en 2006), « Les enfants de Troumaron » veut à sa façon dire le réel d’une société multiculturelle fracturée, entre développement économique aussi effréné qu’erratique, et abandon d’une certaine population qui se débat dans le dénuement le plus extrême et la déliquescence du quotidien. Le cinéaste mauricien Harrikrisna Anenden, après 30 années passées à réaliser des documentaires, propose ici sa première fiction qu’il co-écrit avec sa femme Sharvan, elle-même auteur de nombreux courts métrages d’animation. Le film instaure un dialogue permanent avec l’œuvre littéraire dont il est issu, entre l’image et les mots, comme s’il voulait transcender l’objectif que s’est fixé le texte initial : « raconter sur les murs une histoire que personne ne lira » pour mobiliser les consciences. Car cette réalité place les jeunes de ces cités devant un choix quasi impossible : partir ou mourir.

La projection sera suivie d’un débat avec Jean-Claude Rabeherifara, sociologue et directeur de l’AFASPA

Les enfants de Troumaron, de Sharvan et Harrikrisna Anenden. Long métrage, Ile Maurice, 2012
Durée : 1h30
Avec : Palmesh Cuttaree, Thierry Françoise, Roshan Hassamal, Kristeven Mootien, Kitty Philips, Vinaya Sungkur, Gaston Valayden

Prix du public 2012 au Festival international des films d’Afrique et des îles
Prix Oumarou Gabnda de la première œuvre au festival Fespaco 2013
Mention spéciale du jury au Prix de la critique africaine

Quand ? Mardi 9 mai, à 20h
Où ? Cinéma La Clef, 34 rue Daubenton, Paris 5e (métro Censier-Daubenton)
Tarif : 5€

Les Mardis du Cinéma

Les Mardis du cinéma de l’Afaspa sont un cycle de projections-débats sur l’Afrique organisé par l’Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique (Afaspa). Ces rencontres sont co-organisées chaque mois par la CCAS, les CMCAS de la région parisienne et le comité d’entreprise de la Caisse d’Épargne Paris/Île-de-France, au centre culturel La Clef (Paris).
Contact et infoswww.afaspa.comafaspa@wanadoo.fr

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