Sur les chemins de Guerlédan

Vidange du barrage de Guerlédan © Charles Crié/CCAS

Le 14 juin dernier, les Cmcas Finistère-Morbihan et Haute Bretagne ont organisé pour les bénéficiaires de la région une première visite du lac de Guerlédan et de son barrage. Écluses, épaves de bateaux et découverte des turbines… une journée ensoleillée au pas de course. 

Visite du Musée de l'Electricité © Charles Crié/CCAS

Visite du Musée de l’Electricité © Charles Crié/CCAS

Sur l’un des dix parkings sortis de terre à l’occasion de la vidange du barrage, les bus déversent des visiteurs. De celui affrété par les deux CMCAS de Bretagne descendent soixante personnes. Stéphane Le Roux est repérable : c’est un homme pressé. Sur le chemin qui mène à l’une des entrées du lac, celui qui pilote le groupe de travail à l’origine de ces visites précise : « Au total, ce sont 120 bénéficiaires qui vont pouvoir profiter de cette visite exceptionnelle. Un autre groupe commence sa journée par le musée de l’électricité, à Saint-Aignan, à quelques kilomètres de là », dit-il, essoufflé, en jetant un coup d’œil sur les retardataires.

Emmanuelle Givers guide de l'office du tourisme de Pontivy © Charles Crié/CCAS

Emmanuelle Givers, guide de l’office du tourisme de Pontivy © Charles Crié/CCAS

Le timing est serré. À 9h45, Emmanuelle Givers, micro en serre-tête, tend des gilets orange, obligatoires sur le site. La guide de l’office du tourisme de la communauté de Pontivy énonce quelques repères, question de planter le décor. « C’est la plus grande retenue d’eau de Bretagne, entourée de cinq communes et réunissant deux départements. Plus de 304 hectares de superficie pour 51 millions de mètres cubes d’eau. » « Non, 55 ! », rectifie un agent dans le groupe devant la jeune fille qui se dit « hyper impressionnée de guider des électriciens tellement habitués à toutes ces choses-là ». Après un « Mais non » général se voulant rassurant, tout le monde s’enfonce dans le lit du lac. Marie-Laure Herpe, gazière à Caudan n’a pas « mis le pied dans le lac depuis la communion d’un cousin. Imaginez, cela fait trente ans ! ». Cette sortie, c’était l’occasion de faire quelque chose avec les deux ados qui la devancent avec son mari. Il faudra expliquer au plus jeune, Guillaume, « qu’à cette hauteur, s’il y avait de l’eau en ce moment », il serait submergé. Lui n’imagine « même pas comment ils ont pu retirer tout le liquide ». D’autres s’étonnent que des arbres tiennent encore debout.

Bakara Soumaré, électricien du Finistère © Charles Crié/CCAS

Bakara Soumaré, électricien du Finistère © Charles Crié/CCAS

Sous le soleil et face aux différentes couleurs des roches, on s’interroge : schiste ou argile ? L’histoire de la commune de Guerlédan remonte aux déplacements des plaques tectoniques. Les falaises formées de chaque côté des rives se présentent « soit en schiste, soit en grès armoricain ». Bakara Soumaré, chaussures de randonnée aux pieds et un œil sur sa troisième et dernière fille qui marche sur la vase craquelée, dresse une oreille aux explications. « Lunaire », souffle cet électricien du Finistère et puis « c’est assez joli » devant une des écluses englouties par la construction du barrage. « Dix-sept (écluses) précisément sur les 300 que comptaient le Canal Nantes à Brest. Car, ici, il ne faut pas oublier que c’était une portion d’un Canal », lancé en 1811. Précision faite par Hervé, « un ancien gazier converti à l’électricité » et membre de l’association Peuple du Blavet, le fleuve qui alimente le lac. « Un fleuve précieux pour l’eau potable de la région », insiste-t-il.

Et Emmanuelle de rappeler l’histoire épique de la construction du barrage. C’était dans les années 20, les besoins en électricité en Bretagne sont criants. Joseph Ratier, le sous-préfet de Pontivy, veut utiliser le Blavet pour électrifier le pays. Il doit faire face à l’hilarité et à la résistance… jusqu’à la rencontre avec un jeune ingénieur, Auguste Leson. L’étincelle « entre les deux rêveurs passe ». Problèmes financiers et techniques, les travaux de l’usine hydraulique durent sept ans. « À l’époque, c’était du lourd : 45 mètres de haut et 206 mètres de long. Profitez, de cette visite, la prochaine vidange, ce n’est pas avant 2045. Et peut-être qu’il n’y en aura plus », conclut-elle. Pas de quoi paniquer Hervé. « Oui, bon, l’industriel a déjà avancé la même chose en 1985, la dernière vidange », dit-il en quittant son gilet tandis que Stéphane Le Roux prie les copains de poursuivre la journée.

Pause déjeuner sur l'herbe © Charles Crié/CCAS

Pause déjeuner sur l’herbe © Charles Crié/CCAS

Après un déjeuner sur l’herbe, aux abords d’une tente CCAS, Stéphane Le Roux redirige ce petit monde vers le barrage. Sur la route, il explique que ce projet « a pris un an au groupe de travail des Cmcas Finistère Morbihan et Haute Bretagne ». Le plus dur, selon lui, « c’était la bataille avec la Direction d’EDF pour l’accès au groupement d’usine ». Mais au vu de l’affluence, il estime que le projet est une réussite. Sept cents personnes sont déjà enregistrées pour les visites prévues ce printemps et cet automne, fin de l’assèchement. « Sans compter les demandes de cet été dans nos centres de vacances et les colos », raconte-t-il avant de saluer les deux volontaires devant le groupement d’usine.

R. Prono et J.P. Vincent, guides de la visite des installations © Charles Crié/CCAS

R. Prono et J.P. Vincent, guides de la visite des installations © Charles Crié/CCAS

« Désolé les collègues pour ce retard. » Renan Prono et Jean-Philippe Vincent ouvrent la grille d’entrée pour quarante-cinq minutes commentés. « Comme on dit, c’est une des rares fois où l’on peut aller au plus près de tout. Là, enfin, on voit l’installation, comment ça fonctionne », analyse Axel, un grand blond de 17 ans, devant les turbines de l’unité d’exploitation en arrêt depuis la vidange. On félicite l’organisation.

Puis, direction, cette fois, à quinze minutes à pied, le musée de l’électricité.

Les deux Cmcas Finistère Morbihan et Haute Bretagne organisent d’autres visites autour du lac de Guerlédan et du musée de l’électricité de Saint Aignan.
• Pour les bénéficiaires de Bretagne : les 21 juin, 13 et 27 septembre et les 11 et 18 octobre. Ramassage en bus aux rendez-vous habituels.
• Pour les bénéficiaires des centres de vacances de la région : un bus vous récupère les trois derniers mardis de juillet ainsi que les trois premiers mardis d’août.
• Pour les jeunes de 12 à 17 ans en colonie de vacances dans la région, les mêmes activités sont proposées.
2 Commentaires
  1. KERRIOU Philippe 4 années Il y a

    Superbe journée, visite rapide du musée, j’espère que le photographe professionnel en a fait plus que présenté.

  2. LE LAMER Virginie 4 années Il y a

    A NE PS MANQUER. Site magnifique paysage lunaire, notre petite famille en parle encore. Le passage par le musée de l’électricité est en réel plus pour les les petits comme les grands. N’hésitez pas, ce n’est pas demain la veille que l’occasion se représentera.

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