EDF, Engie, Enedis, GRDF… les agents sur tous les fronts

L'assemblée générale de la CMCAS Haute-Bretagne au piquet de grève de l'agence GRDF de Rennes. ©Charles Crié/CCAS

L’assemblée générale de la CMCAS Haute-Bretagne au piquet de grève de l’agence GRDF de Rennes. ©Charles Crié/CCAS

L’heure est à la mobilisation sociale et revendicative pour les salariés de l’énergie, qui en ce début juin continuent de donner de la voix, et font l’actualité tous secteurs confondus.

Une traînée de poudre. Depuis fin avril, les salariés de GRDF et Enedis se mobilisent contre plusieurs projets des directions qu’ils estiment contraires au service public de l’énergie. Refus de la sous-traitance, revendications sur les salaires, les embauches et les conditions de travail, maintien des SLvies : jeudi dernier, 80 sites de distribution étaient ainsi occupés par les agents grévistes, et 150 sites étaient concernés par le mouvement de grève, selon la CGT. Les salariés dénoncent également des projets de refonte des astreintes (suppression des primes, astreintes payées « à l’acte »…), qui auraient des conséquences directes sur le pouvoir d’achat des collègues. Ils exigent des compensations salariales sur ces réformes et les « retards » d’augmentation du salaire national de base.

Les salariés craignent l’externalisation d’une partie de l’astreinte. ©DR

Les élus CGT du CCE d’Enedis dénonçaient déjà en avril dernier, tout à la fois les 2 500 suppressions d’emplois (dont près de 2 000 dans le domaine technique) prévues d’ici 2021, l’adoption par les députés de la majorité de la mise en concurrence des raccordements électriques, les conditions de déploiement du compteur Linky et le recours à la sous-traitance.

Le 4e Paquet énergie toujours en ligne de mire

Les comités centraux des secteurs de l’énergie (EDF-SA, Enedis, GRDF, Engie SA, EDF Commerce SA) ont lancé le mois dernier, une grande campagne d’information sur le contenu du 4e « paquet énergie » dit « Énergie propre » concocté par la commission européenne, et sur les décisions gouvernementales qui semblent vouloir les anticiper. Une information très utile quand on sait que le rapport de la commission européenne sur la réforme des marchés de l’énergie à l’horizon 2030 est lourd de quelque 5000 pages dans sa version actuelle.


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Annonces dans les journaux, affichage massif et informations auprès des élus locaux et nationaux, comme auprès des usagers et des salariés, cette campagne est accompagnée d’une grande pétition nationale, qui a dépassé ce week-end le pallier des 35 000 signatures. Les élu.es des CCE y dénoncent notamment l’atteinte à certains principes essentiels de service public et d’égalité de traitement en vigueur en France, ainsi que la mise en danger de l’avenir des entreprises du secteur et de la sécurité d’approvisionnement qu’elles assurent.

Pétition « Oui au service public du gaz et de l’électricité »
Signer la pétition

Défense des tarifs réglementés

Dans le même mouvement, l’interfédérale de l’énergie demande que le principe des tarifs réglementés de l’électricité, dont une décision du Conseil d’État vient tout juste de confirmer la nécessité en réponse à un recours des opérateurs concurrents qui demandaient leur suppression, soit défendu par le gouvernement français dans les négociations autour du 4e « Paquet énergie ».

Dans un communiqué, l’intersyndicale se dit convaincue que « les tarifs réglementés de vente constituent un outil de service public ». Pour les quatre fédérations syndicales de l’énergie, l’enjeu est d’obtenir l’inscription dans les projets de directives la liberté laissée aux États membres de maintenir dans la durée des tarifs réglementés de vente. (Lire le communiqué de presse interfédéral)

Rassemblements pour l’hydraulique

Du côté des hydrauliciens, le combat engagé contre la privatisation de 150 barrages et l’interdiction faite à l’opérateur historique de candidater sur les concessions venues à échéance – et ce, même s’il en fut le maître d’œuvre – se poursuit avec notamment la mise « sous protection citoyenne » de ces installations. (Lire le communiqué de presse interfédéral)

Rassemblement contre la privatisation de la production hydraulique, le 8 avril 2018 (anniversaire du statut des IEG) au barrage du Sautet, dans l’Isère. ©Bertrand de Camaret

Le 9 juin, deux rassemblements étaient prévus : l’un en Savoie sur le barrage de Rosenlend, l’autre en Corrèze sur celui d’Argentat. Une bonne façon de préparer la rencontre avec la commissaire européenne de l’énergie, Mme Versaster, qui devrait se dérouler le 10 septembre prochain.

« Engie en crise »… et en lutte

Du côté des gaziers, l’intersyndicale d’Engie (EeFO, CFE-CGC, CFTC, CGT) est vent debout pour dénoncer la délocalisation de 3 500 emplois de la relation clientèle en France vers le Maroc, le Cameroun ou le Sénégal. L’intersyndicale a lancé en mars dernier un « tour de France », campagne d’information et de sensibilisation des salarié.es d’Engie sur ces délocalisations, soutenue par des députés. Plus d’informations sur la page Facebook de l’intersyndicale et son compte Twitter.

Article modifié le 17 juin 2018.

1 Commentaire
  1. GARREAU 1 an Il y a

    Je pense que si la majeure partie des pays européens s’alignait sur la France, la Norvège et la Suède en matière de co2 émis par kwh produit, la réduction des gaz à effet de serre serait supérieure aux 40% adoptés par les dirigeants de l’UE en 2014.
    A titre indicatif, voici, ci-après, le co2 émis selon le pays pour 1 Kwh produit :
    – France 33 g, Norvège 32 g, Suède 36 g
    – Pologne 725 g, Allemagne 406 g, Pays Bas 515 g, Italie 351 g, Grande Bretagne 208

    Le lien ci-dessous est très révélateur du co2 émis par les différents pays. L’effort est d’abord à faire par les pays qui en émettent le plus. Raisonner au niveau européen ne me semble pas être la bonne solution.

    https://www.electricitymap.org/?page=country&solar=false&remote=true&wind=false&countryCode=DE

    Concernant les énergies renouvelables à porter la part à au moins 27%, elles ne seront vraiment intéressantes que lorsque des moyens de stockage « propres » de l’énergie produite seront trouvés.
    Le facteur de charge (1) pour une énergie produite par le photovoltaïque est de 14,6%, celui de l’éolien terrestre de 24% et de l’éolien offshore qui serait de 35% montrent bien que le stockage est impératif pour rentabiliser ces moyens de production. C’est pourquoi il sera très difficile de se passer du nucléaire.

    (1) Le facteur de charge d’une unité de production électrique est le ratio entre l’énergie qu’elle produit sur une période donnée et l’énergie qu’elle aurait produite durant cette période si elle avait constamment fonctionné à puissance nominale. Il fournit une indication importante pour calculer la rentabilité d’une installation électrique.

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