La culture n’est pas une marchandise !

Table ronde pour un « projet citoyen, national et partagé », le 26 mars au Nouveau théâtre de Montreuil ©ITAC2022

Refusant la politique régressive du gouvernement, élus locaux et acteurs de la culture, dont la CCAS, se sont réunis lundi 26 mars à l’initiative du maire de Montreuil pour proposer un contre-projet.


« Un peuple qui abandonne son imaginaire culturel à l’affairisme se condamne à des libertés précaires. » Un air de révolte parcourt les travées du Nouveau théâtre de Montreuil (Seine-Saint-Denis) en ce premier lundi de printemps. Trente ans après la Déclaration des droits de la culture proclamée à Paris sous l’impulsion de Jack Ralite, l’avertissement lancé au monde politique reste d’actualité. Dans la salle remplie aux trois quarts, élus locaux, syndicalistes et acteurs de la culture sont venus affirmer que « les arts, les patrimoines et la culture sont une cause nationale et citoyenne et ne peuvent en conséquence être livrés à la seule marchandisation ».

C’est ce qu’affirme l’Appel de Montreuil, une pétition mise en ligne le 15 janvier et signée à ce jour par 11000 personnes.

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Cet appel a été imaginé en réaction à un document daté du 3 novembre dernier prévoyant des coupes sombres au ministère de la culture d’ici 2022. Comment, sans le soutien de l’Etat, continuer à « faire de la question culturelle un outil d’émancipation et de réduction des inégalités ? », s’inquiète Stéphane Troussel, président (PS) du conseil général de Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de France. Théâtres, musées, archives nationales, audiovisuel… Aucun secteur n’échappe à la marchandisation des arts et du patrimoine. Pourtant, le soutien aux artistes est essentiel à la préservation de notre humanité, estime Henriette Zoughebi, fondatrice du Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil, dont la CCAS est partenaire.

« Le monde du travail a besoin de citoyenneté dans l’entreprise »

Acteur culturel de premier plan, engagé dans l’émancipation des électriciens et gaziers depuis sa création, la CCAS, signataire de l’Appel de Montreuil, ne pouvait manquer ce rendez-vous. « On sait les dégâts que cause la marchandisation des biens nécessaires à l’épanouissement », déclare Eddy Combret, administrateur de l’organisme. « Le monde du travail a besoin de citoyenneté dans l’entreprise. Or, aujourd’hui, on empêche trop souvent la créativité des salariés de s’exprimer. » D’où l’intérêt des initiatives permettant la rencontre entre le monde du travail et celui des arts, comme celle menée en 2014 et 2015 à l’agence Erdf de Mérignac (Gironde) ou d’EDF à Montpellier (Hérault).

Face aux visées régressives du pouvoir actuel, les signataires de l’Appel de Montreuil invitent les citoyens français à se mobiliser pour débattre des politiques culturelles publiques et former de nouveaux Etats généraux de la culture. Objectif : élaborer collectivement un « pacte national des arts, des patrimoines et de la culture ». Cette démarche populaire nommée ITAC 2022 (Itinérance des arts, de la culture et des patrimoines) fera l’objet d’un débat au festival Visions sociales organisé par la CCAS du 12 au 19 mai prochains, à la Napoule (Alpes maritimes).

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