Le Figra des bénéficiaires

Le jury de la section « Autrement Vu », lors de la remise du prix des Activités Sociales, au réalisateur Emmanuel Guionet pour son film « Vacarme » au Figra 2018. ©Didier Delaine/CCAS

Jeunes et moins jeunes, simples visiteurs ou férus de films documentaires… ces différents bénéficiaires ont participé au Festival international du grand reportage d’actualité et du documentaire de société (Figra), à Saint-Omer du 20 au 25 mars. Pour cette 25e édition, ils étaient simples spectateurs ou membres du jury. Bref, cette année encore, à chacun son Figra.

« Dans la vie, je ne me préoccupe pas vraiment de l’actualité, sauf sur les réseaux sociaux. Je suis venu par hasard, j’étais en congé et j’habite à 50 mètres du cinéma Ociné. » Julien a 25 ans et c’est sa première fois au Figra. Il est agent Enedis. « J’ai vu une dizaine de films cette semaine. Je ne pensais pas que ça allait m’intéresser autant », avoue-t-il, un sourire timide aux lèvres.

Si Julien est ici grâce au hasard qui fait bien les choses, ce n’est pas le cas de la majorité des bénéficiaires présents. Ce sont généralement des habitués de ce festival qui a lieu d’ordinaire, tous les ans au Touquet. Ils sont souvent inactifs, car il est difficile de poser des jours de congé pour venir en semaine. Un car a été mis à disposition par la CMCAS Nord-Pas-de-Calais pour permettre à ceux qui le souhaitaient de se rendre à la journée dédiée aux agents, qui s’est tenue le vendredi.

Julien est venu pour la première fois au Figra. Il habite à Saint-Omer. ©Didier Delaine/CCAS

Éprouver l’actualité

Ce rendez-vous peut être celui des premières expériences comme celles d’un retour aux sources. C’est ce qu’a vécu Roger, jeune inactif retraité d’EDF, devant le documentaire de Jean-Paul Mari, « La Bleuite, l’autre guerre d’Algérie ». « Ce film m’a touché en plein cœur. Il explique l’opération menée par les services secrets français contre le FLN. Je suis né en Algérie, j’étais tout jeune à l’époque. J’ai compris des tas de choses. »

Les sujets évoqués au Figra sont souvent lourds, parfois traumatisants. Ils peuvent bouleverser et mettre en lumière des réalités qu’on préfère oublier. Le film de Marie-Monique Robin, « le Roundup face à ses juges » a été particulièrement apprécié par le jeune public (il a reçu le prix du Jury Jeunes et le prix du 25e Figra), malgré la complexité du sujet évoqué : les témoignages d’experts et des victimes de Monsanto suite à l’usage de l’herbicide Roundup devant le Tribunal international de La Haye. « Ce documentaire m’a ouvert les yeux. Je me suis rendu compte des ravages qu’avait causés ce produit et j’ai compris à quel point les réalisateurs pouvaient être impliqués », indique Julien, chez qui ce film est aussi resté en mémoire.

Le jury du prix « Coup de pouce », très attentif lors de la présentation des synopsis par les candidats. ©Didier Delaine/CCAS

Jouer le rôle de jury

« C’est une fierté pour moi d’être jurée », confie Josette, avec cette gentillesse dans le regard qui la caractérise. Rares sont les éditions auxquelles cette ancienne d’EDF n’a pas participé. Pour celle-ci, la 25e, elle a été désignée jurée. Au soir de la cérémonie de clôture, elle a remis, avec les cinq autres bénéficiaires qui l’accompagnent, le prix des Activités Sociales de l’Énergie au film « Vacarme ».

« Je suis touché de la confiance qu’on nous a accordée », raconte Robert, retraité de l’enseignement et ayant droit. « On ne s’est pas rendu compte que ça allait être aussi difficile et épuisant », précise-t-il. En quatre jours, soucieux de réussir sa mission, le jury s’est astreint au rythme imposé, tels des élèves appliqués. Les jurés ont visionné 15 films de 52 à 90 minutes sur Trump, la justice des ados, le handicap, la FIV, Hongkong ou Vermeer. « Nous devons avoir une concentration permanente. On avait parfois seulement 15 minutes pour souffler entre deux projections », confie Christine qui semble à la fois fatiguée et passionnée par cette semaine marathon.

Remettre un prix à des réalisateurs ayant parfois travaillé pendant des années sur un film ne laisse pas indifférent. « Ça fait une semaine que l’on ne vit que pour le Figra. Ça me réveille même la nuit, des images de films me reviennent », avoue Josette, un peu gênée. L’enjeu est de taille. Le film primé sera diffusé dans les centres de vacances à l’été 2018, en présence du lauréat. « Nous avons une obligation de sérieux envers les réalisateurs. D’autant plus que nous n’avons pas un regard critique, nous ne sommes pas des professionnels. » Comme l’indique Philippe, agent Enedis, les jurés doivent se baser sur une grille de critères spécifique. Il précise : « Nous devons choisir un documentaire qui va attirer le public le plus large possible et susciter un réel débat. » Leur volonté : donner envie aux bénéficiaires de voir le film et partager leur passion.

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