Retour de flamme

Manifestation contre la loi El Khomery le 26 mai à Paris © Nathalie Durepaire

Manifestation contre la loi El Khomri le 26 mai à Paris © Nathaly Durepaire

Au lendemain de la 8e journée d’action syndicale pour le retrait de la loi modifiant le code du travail, dite loi « El Khomri », la détermination des organisations de salariés et d’étudiants, qui s’opposent depuis trois mois à ce texte, ne semble pas faiblir. C’est même tout le contraire. Les organisations appellent à une nouvelle journée d’action le 2 juin prochain et à un grand rassemblement national à Paris, le 14 juin prochain.

L’interruption du travail parlementaire imposé par le gouvernement aux députés par l’usage, le 10 mai dernier, de l’article 49.3 de la Constitution, a clos tout débat et, de fait, bloqué toutes possibilités de discussions démocratiques, et d’éventuel rejet du contenu d’un projet de loi fortement contesté au sein même de la majorité présidentielle. Lire Loitravailnonmerci.

Selon un sondage Ifop réalisé du 19 au 25 mai sur le mouvement d’opposition à cette loi, 65 % des Français trouvaient ce mouvement social justifié, dont 32 % « tout à fait justifié ». Près de 70 % souhaitent le retrait du texte.

Dans les Industries électrique et gazière, où de lourdes menaces pèsent sur la pérennité du service public de l’énergie et sur les droits des salariés, cette journée aura été marquée par des arrêts de travail et de multiples initiatives.  La veille, la secrétaire générale de la FNME-CGT, Virginie Gensel, invitée du « Grand Journal » de Canal+, faisait état de la réception d’un bien étrange sms de Matignon à son adresse : « Je dénonce un sms scandaleux reçu aujourd’hui, du cabinet de Valls, qui dit, s’il y a blocage des centrales nucléaires, cela remet en cause les sujets que nous sommes en train de discuter sur l’avenir de nos activités sociales. » Lire le communiqué des présidents des organismes sociaux des Activités Sociales de l’énergie.

Jeudi, donc, la Fnem-FO, qui appelait à la mobilisation des agents, déclarait : « Face à un gouvernement sans majorité, nous disons NON au 49-3, nous demandons le retrait de la loi travail et le maintien du service public de l’électricité et du gaz » et affirmait : « FO Energie et Mines propose aux électriciens et gaziers de marquer encore plus ouvertement leur demande de retrait de la loi. » Lire le communiqué.

 

Partout en France, notait hier la fédération CGT, « des piquets de grève se tiennent, que ce soit dans les centrales nucléaires, dans l’hydraulique, le thermique, à la distribution, bref dans tous les corps de métiers avec des taux de grévistes allant jusqu’à 100 % ». Lire le communiqué. De nombreux salariés « prestataires » se sont joints à leurs collègues sur de nombreux sites, comme à Chinon.

Côté distribution et transport, toujours selon la fédération CGT, « les agents ERDF-GRDF ne sont pas en reste dans les coupures de sites comme à Montereau, aux Ulis, à Equeurdreville, à Croissy-Beaubourg ainsi que sur le site Engie de Douai ».

Les travailleurs d’Areva ont, quant à eux, bloqué les sites de la Hague et de Tricastin avec les collègues d’EDF.

Dans de nombreuses villes, les électriciens et gaziers ont apporté leur soutien aux salariés d’autres branches professionnelles en lutte, et ont grossi les cortèges des manifestations.

A l’appel de l’intersyndicale (CGT, FSU, FO, Solidaires, Unef, UNL, FIDL), une nouvelle journée d’action est prévue le 2 juin, et un grand rassemblement national à Paris est annoncé pour le 14 juin.

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